Production d’algues en bassin

Produire des algues en bassin : comment ça marche ?

Quand on imagine la culture des algues, on pense souvent à de grandes cordes installées en mer, à des fermes marines ou à des forêts de laminaires sous l’eau.

Mais certaines algues peuvent aussi être produites à terre, en bassin, dans un environnement contrôlé.

C’est le cas de certaines algues vertes comme la laitue de mer, ou de certaines algues rouges comme la gracilaire. Cette méthode permet d’observer, de tester et de mieux maîtriser les conditions de croissance avant d’imaginer une production plus importante.

Chez Aoré, la production en bassin nous permet de mieux comprendre les algues, leurs besoins et leur potentiel alimentaire.

Pourquoi produire des algues en bassin ?

Les algues n’ont pas besoin de terre agricole pour pousser. Elles n’ont pas non plus besoin d’irrigation en eau douce comme les cultures terrestres.

Elles utilisent principalement :

  • de l’eau de mer ;
  • de la lumière ;
  • du dioxyde de carbone ;
  • des nutriments naturellement présents dans l’eau ;
  • un bon brassage ;
  • une température adaptée ;
  • un support ou un espace de développement selon les espèces.

La production en bassin permet de réunir ces conditions dans un espace suivi et contrôlé.

L’objectif n’est pas de remplacer la mer, mais de créer un milieu favorable pour accompagner la croissance des algues de manière plus régulière.

Un bassin, ce n’est pas juste de l’eau

Un bassin de production d’algues fonctionne comme un petit écosystème.

Pour qu’une algue pousse bien, plusieurs paramètres doivent être surveillés :

  • la qualité de l’eau ;
  • la salinité ;
  • la température ;
  • la lumière ;
  • le brassage ;
  • l’oxygène ;
  • les nutriments ;
  • la densité d’algues dans le bassin.

Si l’eau ne bouge pas assez, certaines zones peuvent manquer d’oxygène ou accumuler des dépôts. Si le brassage est trop fort, les algues peuvent être abîmées ou décrocher de leur support.

Dans les cultures de Gracilaria, la FAO rappelle par exemple que la croissance peut être limitée par la disponibilité des nutriments, mais aussi par le manque de CO₂ lorsque le flux d’eau est trop faible.

Le bassin doit donc trouver un équilibre : assez de mouvement pour apporter de l’eau, de l’oxygène et des nutriments, mais pas trop pour ne pas stresser les algues.

La lumière : le moteur de la croissance

Comme les plantes terrestres, les algues font de la photosynthèse.

Elles utilisent la lumière pour produire leur matière vivante. C’est ce qui leur permet de grandir, de fabriquer des pigments, de développer leurs tissus et de capter certains éléments présents dans l’eau.

Mais toutes les algues n’ont pas les mêmes besoins.

Certaines aiment une lumière forte. D’autres préfèrent une lumière plus diffuse. Certaines poussent mieux au printemps ou à l’automne, lorsque la température et la luminosité sont plus adaptées.

En bassin, on peut mieux observer ces réactions :

  • couleur de l’algue ;
  • vitesse de croissance ;
  • texture ;
  • densité ;
  • état des bordures ;
  • accroche sur le support ;
  • présence d’algues concurrentes.

Une algue qui pousse bien est souvent une algue dont le milieu est bien équilibré.

Le rôle du brassage

Dans la nature, les algues vivent avec les marées, les vagues et les courants.

En bassin, il faut recréer une partie de ce mouvement.

Le brassage permet :

  • de faire circuler l’eau ;
  • d’éviter les zones stagnantes ;
  • d’apporter des nutriments ;
  • de répartir la lumière ;
  • d’éviter que les algues ne s’accumulent en paquets ;
  • de limiter certains dépôts.

Ce mouvement peut être créé par une pompe, un bullage à l’air ou un système de circulation de l’eau.

Le brassage est particulièrement important dans les cultures intensives, car plus la biomasse augmente, plus les algues ont besoin d’un bon renouvellement du milieu. Les documents techniques sur l’aquaculture intégrée soulignent l’importance des mouvements d’eau, des temps de rétention, des nutriments, de la température et de la salinité pour les systèmes associant algues et autres productions aquacoles.

La densité : ni trop peu, ni trop serré

Dans un bassin, la quantité d’algues est un point clé.

S’il y en a trop peu, la production est faible et le bassin n’est pas utilisé efficacement.

S’il y en a trop, les algues peuvent se faire de l’ombre entre elles. Certaines parties reçoivent moins de lumière, l’eau circule moins bien, et la croissance peut ralentir.

La densité doit donc être ajustée au fil du temps.

C’est un peu comme un potager : on ne plante pas tout au hasard. Il faut laisser assez d’espace pour que chaque organisme puisse pousser correctement.

Les supports : cordes, filets ou algues libres

Selon les espèces, les algues peuvent être cultivées de différentes façons.

Certaines sont fixées sur des cordes ou des filets. D’autres peuvent être cultivées en suspension ou en mouvement dans l’eau.

Pour la laitue de mer, on peut tester différents supports ou modes de culture afin d’observer lesquels favorisent le mieux l’accroche, la croissance et la récolte.

Les supports doivent être :

  • propres ;
  • résistants ;
  • adaptés au contact alimentaire si les algues sont destinées à l’alimentation ;
  • faciles à manipuler ;
  • compatibles avec le nettoyage et la récolte.

En bassin, chaque détail compte : la hauteur de l’eau, la profondeur du support, l’exposition à la lumière et le brassage peuvent changer le résultat.

Une culture suivie comme un élevage végétal marin

Produire des algues en bassin demande de l’observation.

On suit régulièrement :

  • la couleur ;
  • la croissance ;
  • la longueur moyenne ;
  • l’état général ;
  • l’encrassement ;
  • la température de l’eau ;
  • la salinité ;
  • le pH ;
  • la clarté de l’eau ;
  • l’état des supports.

Ces observations permettent d’adapter la conduite du bassin.

Si les algues pâlissent, il peut manquer certains éléments. Si elles se dégradent, la température, le brassage ou la densité peuvent être en cause. Si d’autres organismes apparaissent, il faut comprendre s’ils sont neutres, utiles ou gênants.

La production en bassin est donc à la fois simple dans son principe et très fine dans sa conduite.

Les algues peuvent aussi aider à équilibrer l’eau

Les algues absorbent des nutriments dissous dans l’eau, notamment l’azote et le phosphore.

C’est l’une des raisons pour lesquelles elles sont étudiées dans les systèmes d’aquaculture intégrée. Dans ce type de modèle, les algues peuvent contribuer à capter une partie des nutriments issus d’autres productions aquacoles, comme les poissons ou les coquillages.

La FAO mentionne des travaux utilisant des algues comme Gracilaria pour retirer des nutriments des eaux d’effluents et réduire certains impacts environnementaux.

Cela ne veut pas dire que les algues “nettoient tout” ou remplacent un traitement de l’eau. Mais elles ont une vraie capacité à participer à l’équilibre du milieu lorsqu’elles sont bien cultivées.

Quelles algues peut-on produire en bassin ?

Toutes les algues ne se cultivent pas de la même manière.

Certaines espèces sont mieux adaptées à la mer ouverte. C’est le cas de nombreuses grandes algues brunes, comme les laminaires, qui ont besoin de conditions marines spécifiques et de cycles de reproduction parfois complexes.

D’autres espèces se prêtent mieux aux essais en bassin.

Les algues vertes, comme certaines Ulva, peuvent avoir une croissance rapide et sont souvent étudiées pour leur potentiel alimentaire, agricole ou environnemental. La FAO répertorie l’aquaculture de certaines algues vertes, dont les laitues de mer du genre Ulva, dans ses données sur les algues cultivées.

Certaines algues rouges, comme Gracilaria, sont également cultivées en bassin ou en étang dans plusieurs régions du monde. La FAO décrit notamment des méthodes de culture de Gracilaria en étang ou en bassin, avec des systèmes de culture dispersée ou sur cordes.

Chez Aoré, l’intérêt du bassin est aussi expérimental : tester, observer, comparer et apprendre.

Ce que l’on peut montrer au public

Un bassin de production est un très bon outil pédagogique.

Il permet de montrer concrètement que les algues :

  • poussent sans terre ;
  • utilisent l’eau de mer ;
  • ont besoin de lumière ;
  • réagissent au mouvement de l’eau ;
  • peuvent être cultivées sur support ;
  • demandent une vraie attention ;
  • peuvent devenir des ingrédients alimentaires.

Pour les visiteurs, c’est souvent une surprise : une algue n’est pas simplement “ramassée sur la plage”. Elle peut aussi être suivie, cultivée, contrôlée et transformée comme une ressource alimentaire à part entière.

Pourquoi c’est important pour l’alimentation de demain ?

La production en bassin ouvre plusieurs pistes.

Elle peut permettre :

  • de sécuriser une partie de l’approvisionnement ;
  • de réduire la pression sur la récolte sauvage ;
  • de produire des algues plus régulières ;
  • de tester de nouvelles espèces ;
  • de mieux maîtriser la qualité ;
  • d’imaginer des filières locales ;
  • de créer des produits alimentaires innovants.

Les algues ne sont pas une solution miracle. Mais elles ont un potentiel important : elles poussent sans terre agricole, sans irrigation en eau douce et avec une grande efficacité biologique.

La culture en bassin permet d’explorer ce potentiel de manière progressive et responsable.

Le saviez-vous ?

Les algues peuvent être cultivées sans terre agricole et sans irrigation en eau douce. En bassin, on peut contrôler la lumière, le brassage, la température et la qualité de l’eau pour favoriser leur croissance.

C’est une culture marine… mais à terre.

À retenir

La production d’algues en bassin est une forme d’algoculture contrôlée.

Elle repose sur quelques éléments essentiels : eau de mer, lumière, brassage, nutriments, température, support et observation.

Elle permet de mieux comprendre les besoins des algues, de tester des méthodes de culture et d’imaginer une production alimentaire locale plus régulière.

Chez Aoré, le bassin est à la fois un outil de production, de recherche et de transmission.

Il montre que les algues ne sont pas seulement une ressource sauvage : elles peuvent aussi être cultivées, accompagnées et valorisées comme un véritable légume de mer.

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