Les algues et l'écologie

L’impact écologique des algues : une ressource marine sobre et prometteuse

Les algues sont souvent présentées comme une ressource d’avenir. Et pour cause : elles poussent dans l’eau de mer, n’ont pas besoin de terre agricole, ne nécessitent pas d’irrigation en eau douce et peuvent se développer rapidement selon les espèces.

À l’heure où l’alimentation doit réduire son impact sur le climat, l’eau, les sols et la biodiversité, les algues ouvrent une voie intéressante : produire autrement, en utilisant mieux les ressources marines.

Elles ne sont pas une solution miracle. Mais elles font partie des ressources les plus prometteuses pour imaginer des systèmes alimentaires plus sobres, plus locaux et plus durables.

Une culture sans terre agricole

L’un des grands atouts des algues est leur capacité à pousser sans occuper de terres arables.

Contrairement aux cultures terrestres, elles n’ont pas besoin de champs, de labour, d’irrigation en eau douce ou de sol fertile. Elles se développent dans l’eau de mer, en captant la lumière, le carbone et les nutriments présents dans leur milieu.

C’est un point important : les terres agricoles sont déjà sous pression. Elles doivent nourrir les humains, produire des aliments pour les animaux, préserver la biodiversité, stocker du carbone et parfois produire des matériaux ou de l’énergie.

Les algues offrent une autre piste : produire de la biomasse alimentaire en milieu marin ou en bassin d’eau salée, sans concurrence directe avec les cultures terrestres.

Pas d’irrigation en eau douce

L’eau douce est l’une des ressources les plus précieuses de la planète.

De nombreuses cultures agricoles nécessitent de l’irrigation, surtout dans les périodes chaudes ou sèches. Les algues marines, elles, utilisent l’eau de mer.

C’est un avantage majeur dans un contexte de raréfaction de l’eau douce, d’épisodes de sécheresse plus fréquents et de tensions sur les usages agricoles.

Bien sûr, tout système de culture doit être bien conçu : il faut pomper, brasser, surveiller et parfois renouveler l’eau. Mais l’algoculture marine évite l’un des grands postes de pression de l’agriculture classique : l’irrigation en eau douce.

Peu d’intrants chimiques

Les algues ont besoin de lumière, de carbone, de nutriments et d’un milieu adapté. Elles ne poussent pas “à partir de rien”, mais elles peuvent se développer avec des besoins très différents des cultures terrestres.

Dans de nombreux systèmes, elles ne nécessitent pas de pesticides, d’herbicides ou de traitements chimiques comparables à ceux utilisés dans certaines cultures agricoles.

Les algues peuvent aussi absorber des nutriments dissous, notamment l’azote et le phosphore. La FAO indique que les algues peuvent réduire les concentrations d’azote et de phosphore dans les systèmes aquatiques, ce qui explique leur intérêt potentiel dans certains modèles d’aquaculture intégrée ou de traitement d’effluents.

Cela ne veut pas dire qu’elles “nettoient tout”. Mais bien cultivées, elles peuvent participer à l’équilibre de certains milieux.

Les algues et le carbone

Comme les plantes terrestres, les algues font de la photosynthèse.

Elles utilisent la lumière pour capter du CO₂ et produire de la biomasse. Pendant leur croissance, elles incorporent donc du carbone dans leurs tissus.

C’est l’une des raisons pour lesquelles les algues intéressent les chercheurs dans la lutte contre le changement climatique.

Mais il faut distinguer deux choses :

  • capter du CO₂ pendant la croissance ;
  • stocker durablement ce carbone.

Si une algue est consommée, compostée ou dégradée rapidement, une partie du carbone retourne dans le cycle naturel. Pour parler de séquestration carbone à long terme, il faut que le carbone soit stocké durablement : dans les sédiments, en profondeur, ou dans des matériaux longue durée.

C’est pourquoi il faut éviter de dire trop vite que “cultiver des algues compense automatiquement le carbone”. Le potentiel existe, mais il dépend fortement du système, de l’usage final, du transport, du séchage, de la transformation et de la fin de vie.

Un aliment à faible empreinte potentielle

Comparées à de nombreuses productions animales, les algues peuvent offrir une empreinte environnementale plus faible.

La viande bovine, par exemple, fait partie des aliments les plus émetteurs de gaz à effet de serre. Les données compilées par Our World in Data, issues des travaux de Poore et Nemecek, montrent que le bœuf issu d’un troupeau viande peut atteindre des dizaines de kilos de CO₂ équivalent par kilo de produit, selon les systèmes et les méthodes de calcul.

Les algues, elles, peuvent être produites sans pâturage, sans culture d’aliments pour animaux, sans irrigation en eau douce et sans fertilisation intensive.

Mais il serait faux d’écrire qu’un kilo d’algues “émet 0 kg de gaz à effet de serre”. Il y a toujours des impacts : pompage, matériel, récolte, lavage, séchage, transformation, emballage, transport.

La bonne formulation est donc : les algues peuvent être une ressource alimentaire à faible empreinte, surtout si elles sont cultivées ou transformées localement, avec peu d’énergie fossile et peu d’intrants.

Une croissance rapide

Certaines algues ont une croissance très rapide.

Selon les espèces, la saison, la lumière, la température, les nutriments et le brassage, elles peuvent produire beaucoup de biomasse en peu de temps.

Cette vitesse de croissance explique leur intérêt pour :

  • l’alimentation humaine ;
  • les ingrédients culinaires ;
  • les biomatériaux ;
  • l’agriculture ;
  • l’alimentation animale ;
  • la cosmétique ;
  • la recherche en nutrition ;
  • les systèmes d’aquaculture intégrée.

Les algues transforment rapidement l’énergie solaire et les nutriments en matière vivante. C’est une efficacité biologique intéressante pour produire de la biomasse sans mobiliser de grandes surfaces terrestres.

Un rôle essentiel dans les écosystèmes marins

Les algues ne sont pas seulement une ressource alimentaire.

Elles jouent aussi un rôle écologique fondamental.

Les microalgues du phytoplancton sont à la base de nombreuses chaînes alimentaires marines. Elles nourrissent indirectement les poissons, les coquillages, les crustacés et une grande partie de la vie océanique.

La NOAA estime qu’environ la moitié de la production d’oxygène sur Terre vient de l’océan, principalement grâce au phytoplancton, composé notamment de microalgues et de cyanobactéries.

Les macroalgues, elles, créent des habitats. Les forêts de laminaires, les herbiers d’algues et les zones rocheuses couvertes d’algues abritent de nombreuses espèces : poissons juvéniles, mollusques, crustacés, petits invertébrés.

Elles servent à la fois d’abri, de support, de nourriture et de zone de reproduction.

Les océans : le grand moteur de la vie

Notre planète aurait presque pu s’appeler “Mer” plutôt que “Terre”.

Les océans couvrent environ 71 % de la surface du globe. Ils régulent le climat, stockent de la chaleur, absorbent une partie du CO₂, produisent une part majeure de l’oxygène et abritent une biodiversité immense.

Sans les océans, la vie terrestre telle que nous la connaissons n’existerait pas.

Les algues, microalgues et macroalgues, sont au cœur de cette histoire. Elles ont participé à l’oxygénation de la planète, structurent les écosystèmes marins et continuent aujourd’hui à jouer un rôle clé dans les cycles du carbone, de l’azote et de l’oxygène.

Les limites à connaître

Les algues ont beaucoup d’atouts, mais leur développement doit rester responsable.

Une algoculture mal pensée peut aussi poser des problèmes :

  • concurrence avec d’autres usages du littoral ;
  • risques d’introduction d’espèces non locales ;
  • impacts sur les paysages marins ;
  • besoin d’énergie pour le pompage ou le séchage ;
  • gestion des supports, cordes et filets ;
  • qualité de l’eau ;
  • réglementation ;
  • équilibre avec les écosystèmes existants.

C’est pourquoi le développement des algues doit se faire avec prudence, en privilégiant les espèces locales, les sites adaptés, les pratiques sobres et le respect du vivant.

L’objectif n’est pas de transformer la mer en champ industriel. L’objectif est de construire des filières intelligentes, mesurées et durables.

Pourquoi les algues intéressent Aoré ?

Chez Aoré, nous voyons les algues comme une ressource locale, alimentaire et écologique.

Elles permettent de créer des produits gourmands sans mobiliser de terres agricoles. Elles valorisent un savoir-faire littoral. Elles reconnectent l’alimentation avec le milieu marin.

Notre démarche repose sur plusieurs principes :

  • faire découvrir les algues par le goût ;
  • respecter la ressource sauvage ;
  • développer progressivement des essais de culture ;
  • limiter l’énergie utilisée dans la transformation ;
  • valoriser les déchets d’algues en compost ;
  • travailler à l’échelle du territoire ;
  • créer des produits simples, bio et accessibles.

L’écologie des algues ne doit pas rester un discours abstrait. Elle doit se traduire dans des gestes concrets : récolter proprement, laver intelligemment, sécher avec sobriété, transformer localement et cuisiner simplement.

Le saviez-vous ?

Les océans couvrent environ 71 % de la surface de la planète.

Ils produisent aussi une part immense de l’oxygène que nous respirons. Environ la moitié de la production d’oxygène sur Terre vient de l’océan, principalement grâce au phytoplancton.

Autrement dit : une respiration sur deux dépend en partie de la vie marine.

À retenir

Les algues sont une ressource écologique prometteuse.

Elles poussent sans terre agricole, sans irrigation en eau douce et peuvent produire rapidement de la biomasse. Elles participent aux équilibres marins, absorbent des nutriments et contribuent aux cycles du carbone et de l’oxygène.

Mais leur potentiel dépend de la manière dont elles sont récoltées, cultivées, transformées et consommées.

Chez Aoré, nous voulons montrer qu’une autre alimentation marine est possible : locale, gourmande, sobre et respectueuse du vivant.

Les algues ne sauveront pas la planète à elles seules.

Mais elles peuvent clairement faire partie des solutions.

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